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vendredi 10 février 2012

Tourist Fever

Tadaam! Nouvel article, et seulement 4 jours plus tard, je suis sur la bonne voie. C'est l'effet vacances, sans doute...vacances qui pour l'instant se déroulent doucement entre grasse mat' honteuses (je commence enfin mon hibernation), sorties alimentaires (qui dit hibernation dit réserves de graisse), et, tout de même, petit boulot au restaurant (pour accumuler l'argent nécessaire à la période post-hibernation).

Mais depuis deux jours, j'ai pris mon courage à deux mains et me suis lancée dans une infernale ronde touristique dans Kyoto.
Enfin, pas toute seule hein... il faut dire que je n'aurais sans doute pas pris l'initiative d'aller crapahuter dans la ville et les tempêtes de neige sur un coup de tête. Non, c'est grâce à l'impulsion de Juliette, amie Sciences piste en échange en Corée (vous devinerez laquelle tous seuls, comme des grands) qui est venue passer 4 jours à Kyoto pour ses vacances cette semaine (et oui pour une fois je n'ai pas un mois de retard). Et c'est donc avec un  grand plaisir que je l'ai accompagnée dans certaines de ses sorties touristiques, après un raté le jour de son arrivée, les portables coréens (comme tous les autres portables d'ailleurs) ne fonctionnant pas en terre sacrée, alias, le Japon.
Le deuxième jour, après échange de mails, c'est donc les crocs sortis que nous planifions la journée. Départ à 8 heures (oui, vous avez bien lu. C'est mort pour la grasse matinée) tapantes pour le combo de l'enfer: Ryoan-ji et Kinkakuji (soit le fameux Pavillon d'or), puis le quartier d'Arashiyama et sa forêt de bambous, suivi par un passage au centre ville et dans Gion avant de finir par le Sud du quartier d'Higashiyama avec le temple Kyomizu-dera et le quartier environnant.
Je sais, ça semble impossible comme ça, mais... WE DID IT! (il vous suffira d'observer une carte de Kyoto pour applaudir et taper du pied au vu de cet exploit).

Nous nous armons d'un pass pour la journée dans les bus de la ville et hop, c'est parti pour notre petit road trip.
Nous débutons donc par le Ryoan-ji, temple archi célèbre pour son jardin sec (zen) et ses rochers. Nous avons bien fait de nous lever aux aurores, car le temple, toujours bondé, est totalement vide de bon matin, à l'ouverture. De quoi prendre des photos tranquille.












Départ ensuite au Kinkakuji où nous attendent de belles averses de neige... et une vision sublime.




Pandinette était de la partie.




Puis départ en bus à Arashiyama (je réussis à perdre mon pass dans le dit bus).


J'étais déjà venue à Arashiyama en automne et il faut dire que j'ai préférée ma première visite: en ce moment, les arbres sont morts, la rivière boueuse... le paysage ne me coupe pas le souffle comme la première fois. Vivement le printemps!

Arrêt dans un resto où nous dévorons un énorme bol de udons et ses tempura de légumes.


Retour à Gion, où malheureusement nous ne croisons pas de geishas/maikos.





Kiyomizu-dera, cette fois en plein jour: je ne l'avais vu que de nuit lors des illuminations d'automne.



Vue superbe, bien qu'un peu brumeuse, sur la ville (moi j'habite tout près de l'infâme tour-champignon rouge et blanche).







*
Nous descendons ensuite Sannenzaka, ou "pente des trois ans". Il est dit que si l'on y glisse, on s'attrape trois ans de malheur. Connaissant mon habileté habituelle, je prends garde.






Le quartier est adorable, et comme si cela ne suffisait pas, il regorge aussi de... BOUTIQUES GHIBLI. J'exagère juste un peu: nous en croisons deux éloignées d'à peine 500 mètres, c'est quand même quelque chose.

Nous retournons ensuite en centre ville pour déguster une boisson chaude bien méritée... une longue et très satisfaisante journée. A faire plus souvent, si je disposais de fonds illimités: car il faut savoir que tous les temples ou presque sont payants, dans les alentours de 5 euros ou plus, et quand on en fait trois dans la journée, ça fait mal. Très mal. Dès la semaine prochaine je vais sans doute me faire des visites autour du thème "temples méconnus et GRATUITS de Kyoto".

Et voilà, c'est déjà fini ! Retour très bientôt pour la suite de nos balades touristiques !

mercredi 11 janvier 2012

Bienvenue dans la ville pieuvre

Voilà un message bien tardif, mais comprenez bien, avec le froid hivernal qui s'installe dans les montagnes et tombe sur mon antre kyotoïte, j'ai été amenée à réduire les sorties au temple et à privilégier le COMBO week end en costume de panda-polaire sous la couette-chocolat chaud-quatrième tome de Game of Thrones (A feast for Crows, une lecture bien joyeuse comme vous pouvez vous en douter). Et aussi, étude du japonais. Souvent. Régulièrement. Enfin, parfois, vous voyez ce que je veux dire. Entre ça et mon baito (petit boulot) dans un restaurant du coin (reportage à venir pour combler le vide de janvier qui sera dédié aux révisions pour les exams), je n'ai pas fait grand chose, mis à part la petite bouffe que j'ai organisée avec mes camarades de dortoir pour le réveillon de Noël.

Mais dès à présent, du très lourd arrive sur le blog, puisqu'il s'agit d'un récit de mes aventures dans la ville-pieuvre, j'ai nommé ... TOKYO! Et oui, Doshisha nous ayant gracieusement accordé 10 jours de vacances (tout en nous faisant bosser le lundi 26 décembre ET ce vendredi 6 janvier -NAN MAIS LA J'AI ENVIE DE DIRE WTF LES MECS ??!!) j'ai décidé d'aller traîner mes guêtres de côté de l'énorme capitale.

Un choix très original, vu que la moitié de ma promo de ryuugakusei a eu la même idée...je ferai mieux au break de printemps en février-mars. Et ouais, vous ne rêvez pas, j'ai bientôt deux mois de vacances, niark niark.
Mais revenons à nos moutons.

Tokyo, c'est quand même ZE passage obligé pour tout étudiant en échange à Kyoto. Parce que Tokyo, c'est... c'est quoi Tokyo? Un monstre urbain aux entrailles grouillant de monde? Une belle mégalopole aux buildings rivalisant avec New York? Une grande ville moche, étouffante et défigurée par l'anarchie architecturale? Une ville de villages? Difficile pour moi de répondre à la question "alors, c'était comment Tokyo?" parce que je ne sais pas. C'était comment Tokyo? C'était un peu tout ça. C'était épuisant, ébouriffant, vivant, horrible, accueillant, terrifiant. C'était beau, parfois repoussant. C'était une expérience nouvelle pour une provinciale comme moi. Oui oui, PROVINCIALE. Parce que ne nous voilons pas la face: Kyoto, en comparaison, c'est du pipi de chat (comprendre: la comparaison est juste impossible). Sans doute dix fois moins grande, trois fois plus basse, ma ville d'adoption n'a strictement rien à voir avec la géante Tokyo. Et c'est tant mieux.
  VS 


En effet, le dilemme Kyoto-Tokyo s'offre à tout sciencespiste en mal de Japon. A vrai dire, jusqu'à novembre 2010, j'étais moi-même persuadée que Tokyo était ZE place to be. Avant de me rendre compte, après des rencontres, des récits et des lectures, que la tranquillité somme toute "campagnarde" de Kyoto, tout comme son côté traditionnel, serait pour moi le meilleur choix. Après avoir découvert la capitale -bien qu'elle m'aie émerveillée et que je l'aurais sans doute appréciée au quotidien - je ne regrette absolument pas mon choix.

J'ai eu la chance de ne pas m'embarquer dans cette aventure toute seule. Bien qu'Elsa soit partie aussi à Tokyo et que nous ayons deux jours en commun, nous nous sommes peu croisées car j'ai été accueillie par la famille de Yu-chan, en échange à Sciences-Po l'an dernier, pendant une semaine, du 29 décembre au 4 janvier. La découverte de la capitale s'est donc doublée d'une immersion au sein du quotidien japonais, dans une famille à l'incroyable gentillesse et dont la chaleur m'a sans aucun doute donnée la meilleure impression au cours de ce voyage. J'étais même plutôt déprimée au moment de retourner à Kyoto, c'est dire.

Bus de nuit, round 2

Attaquant avec optimisme mes 7 heures solitaire, j'ai pu plus ou moins dormir malgré les ronflements de ma voisine (et oui, ça n'arrive pas que dans les films! ) et les arrêts pause-pipi du conducteur toutes les 2heures environs. Sauf qu'à chaque arrêt, je me réveillais avec une furieuse envie d'aller étrangler le chauffeur qui ne trouvait pas mieux que d'allumer les lumières à fond et de bavarder pendant une demi-heure au micro, son puissance maximale. Bref.
Une fois arrivée à Shinjuku, Yu-chan m'accueille à bras ouverts (à 6h20, je précise, ce qui est un geste assez beau pour être signalé) avant de me conduire chez elle où je rencontre sa mère (okaa san お母さん), son père (otou san お父さん), son petit frère (otouto san弟さん), et sa grand-mère (obaa chan おばあちゃん). Ceci n'étant pas leurs prénoms mais des termes honorifiques et polis que l'on utilise en famille. Comme je fais désormais partie de la famille, je m'y conforme. Je fais aussi la connaissance des deux chiens, des Westies, la femelle se nomme Patty, et le mâle Luke (ce dernier est sans doute un Westie mutant vu sa taille anormalement... gigantesque).

Dès mon arrivée, Okaa-san prend tout en charge et me propose de prendre un bain aux senteurs d'aiguilles de pins. La proposition est alléchante -je ne la refuse pas et prend pour la première fois un véritable bain japonais, ou o-furo (お風呂). La salle de bain est une sorte de petit sauna, toute carrelée, où l'on se douche et se savonne à l'extérieur du bain avant de pénétrer dans celui-ci, propre, juste pour le plaisir de la relaxation. Le bain est très profond -on s'y trempe jusqu'au cou, et l'eau très chaude -plus de 40 degrés.
Je vous garantie qu'on s'y habitue, et vite.
Après le bain, je monte dans la chambre de Yu pour me poser un peu et finis par dormir... deux heures, avant le déjeuner. Je perds jamais les bonnes habitudes.

La Petite Edo


Après le déjeuner, départ pour Kawagoe, la "Petite Edo", petite ville qui a conservé son aspect "historique" de l'ère d'Edo (avant l'ère Meiji qui débute en 1868). Edo étant aussi l'ancien nom de Tokyo, CQFD.

Mes compagnons de route: Yu, Elsa, Nichiko.

La ville n'est somme toute pas bien grande, petite déception car au niveau historique, ben c'est dur de faire mieux que Kyôto tout de même.

Tour de l'horloge.

Panda géant au détour d'une ruelle. Pupilles dilatées et gueule sévère, plutôt effrayant le bonhomme.




Après cette courte escapade, retour au bercail pour profiter d'une nuit réparatrice. Comme on dit chez moi, je me suis encore couchée avec les poules.

Mais il faut comprendre: le lendemain matin, c'est branle bas le combat pour arriver tôt, très tôt, au célèbre marché au poissons de la capitale, sans doute le plus grand au monde, Tsukiji. L'accès aux touristes se fait à partir de 9heures dans le marché partie "professionnelle". Mais même à cette heure tardive (la criée se déroulant vers 5 heures du matin), la vue vaut le détour: le marché est énorme, s'étendant en allée sinueuse est étroites entourées de stands remplis de poisson frais, et notamment, du fameux thon rouge...

Le royaume sous-marin


Quant on voit ces dizaines d'énormes bêtes étalées sur les stands, on se dit que la pêche du matin a dû suffire à elle seule à condamner l'espèce à disparaître. Mais j'avouerais que le maguro (nom japonais du thon rouge) cru devient vite un péché mignon: la finesse et la douceur de la chair arriverait à séduire un militant végétarien de chez Greenpeace.
(Pour vous donner une idée, car les photos ne sont pas forcément claires,chaque poisson fait au moins un mètre de long. Sacrée bestiole...).


La découpe.


Blocs de thon congelés, puis découpés à la scie circulaire. Oui oui.


Marchandage sur les pièces de thon.


Poulpe vinaigré, et non pas ensanglanté, comme le pensait Elsa-chan.


Tout est bon dans le thon.


Après le marché, nous partons en métro pour Asakusa, le "quartier traditionnel". Autant vous prévenir, âmes aventurières: le métro, à Tokyo, c'est l'enfer. Non pas à cause des pousseurs, que je n'ai pas eu la joie de rencontrer, mais de l'infâme complexité du système ferroviaire, qui est dirigé par une myriade de compagnies privées et non pas par une hégémonique compagnie comme dans notre bonne vieille capitale. D'où des prix scandaleux et un enchevêtrement de lignes et de changements à vous faire tourner la tête. Même Yu-chan, que je suivais aveuglement, avait parfois du mal.


Super Panda vous dit: "attention à la porte !"

La petite Kyoto?

Arrivée à Asakusa, au bord de la rivière Sumida.

Pour ma maman qui aime me voir en photo... Avec Ayumi-chan et Tomomi-chan. 




Y a du peuple. Normal, tout le monde est en vacances.

La Tokyo Sky Tree! Elle n'est pas encore ouverte au public bien qu'elle soit la plus haute tour de la ville avec ses 634 mètres.




Tomomi, Ayumi, Yu, Shiori.







Sandale géante.

Nous avons respiré la fumée qui rend intelligent. J'attends.

Mushu!







Pause-café.

Le combo Tokyo Sky Tree, et Buildings-bière. Car le building du milieu (Asahi Beer Hall) représente une chope de bière: mais si, il a une couleur doré et la mousse blanche sur le dessus. A sa droite, la sculpture géante est censée représenter une flamme, sauf que pour cause de réticences de la ville au moment de la construction, les concepteurs ont été obligé de la coucher. Elle évoque donc à l'esprit désormais... bon, je crois que vous y avez tous pensé.

Les boutiques à l'orée du temple.

En somme, un quartier très agréable, mais mieux que Kyôto? Non, pas vraiment. En même temps, je en suis pas venue à Tokyo pour le côté "tradition". Et puis Kyôto... ben, Kyôto. C'est tout, il suffit de le dire comme ça. Et ce ne sont pas mes prédécesseurs à Doshisha ou à Ritsumeikan (autre univ de Kyoto) qui me démentiront.



 Le soir, expédition au restaurant de Yakiniku (littéralement "viande grillée") en famille!

Vous me connaissez: J'AIME LA VIANDE.
J'ai donc apprécié ce repas délicieux. J'ai même mangé de la langue de boeuf au citron. Comme quoi, tout peut arriver.

C'est tout pour aujourd'hui!! Mais je n'ai raconté que deux journées pour l'instant, la suite -et le meilleur - à venir très prochainement !